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 Analyse de textes

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Aurl le douteux
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MessageSujet: Analyse de textes   28/6/2013, 11:15

Ce topic avait été suggéré par Unbe et semblait chaudement approuvé par Legi
Je ne me fais pas d’illusion, il tombera vite dans l’oubli, et je ne compte pas personnellement l’alimenter plus que cela.

Il s’agit donc d’offrir aux passionnés la possibilité de nous exposer les lumières de leur analyse de textes.
Dans mon esprit il s’agit plutôt de chansons (ou de poésie ?) mais si vous avez d’autres trucs à analyser (même si je n’vois pas bien quoi) lancez-vous ^^

S’il s’agit de chanson, n’hésitez pas à poster un lien de vidéo Youtube ou autre nous permettant de l’écouter (ça aide à accrocher à un texte tout de même), en ce qui concerne le texte débrouillez-vous pour la forme mais visez la lisibilité.

Evitez de chroniquer Brassens qui dispose d’un site dédié pour cela (et participatif, donc plutôt riche).
Evitez de vous appesantir dans une analyse de prof de français et de voir des centaines de trucs farfelus dans la moindre rime ou la moindre assonance, rien ne vous empêche de poster des paroles d’une chanson pour n’en commenter qu’une petite portion, ce sera plus apprécié que de surcharger une analyse laborieuse et académique.
Rien ne vous oblige à l’objectivité et à vous justifier de vos impressions, si la chanson ou la rime vous évoque une anecdote personnelle, vous amène à penser à une autre œuvre, vous a profondément marqué, vous avez le droit de vous étendre la dessus même s’il n’y a pas d’analyse du texte à ce moment, il s’agira aussi d’une manière de nous livrer votre lien intime avec le texte et de nous faire comprendre pour quelles raisons vous l’avez posté dans ce topic.


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Dernière édition par Aurl le douteux le 9/7/2013, 17:11, édité 1 fois
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Aurl le douteux
Bouffon Super


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MessageSujet: Re: Analyse de textes   28/6/2013, 11:20

Orly (Jacques Brel)


(Chanson de 77, donc Orly il s’agit de l’aéroport, la chanson se déroule donc dans l’aéroport d’Orly)
 
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu´eux deux (Déjà là c’est très beau, et la subjectivité du propos nous est déjà explicitée, Brel est à Orly, il a deux mille personnes sous les yeux mais seuls deux attirent son attention)
La pluie les a soudés,
Semble-t-il, l´un à l´autre (une soudure à froid donc ^^)
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu´eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire « Je t´aime! »
Elle doit lui dire « Je t´aime! »
Je crois qu´ils sont en train
De ne rien se promettre (Toute la chanson sera très visuelle, de manière fluide on se sentira toujours du point de vue du narrateur très subjectif, ici on l’imagine en train de deviner ce que se dit ce couple qu’il voit de loin mais n’entend pas, il se fait même les dialogues tout seul. On comprend qu’on va nous raconter une séparation d’un couple à l’aéroport, mais on ne devine pas bien la nature de la séparation, son motif, sa durée, et là encore on est dans la même ignorance que le narrateur qui ne fait qu’imaginer en fonction de ce qu’il voit)
Ces deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes (Si je devais établir un top 100 des plus belles formules poétique que j’ai jamais rencontrées, celle-là s’y trouverait en bonne place, en peu de mots est énoncé tout un tas de considérations sociales, de bon sens populaire, vulgaire mais intuitif.
A titre plus personnel, ce passage m’évoque une idée qui fait frémir que j’avais entendue d’un historien à propos de la famine russe des années 30 et qui, rapportant des témoignages, expliquait que c’était terrifiant à cette époque de croiser au coin de la rue un type bien portant ou gras car on était certain dans ce contexte que l’on venait de croiser un homme cannibale)
 
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu´eux deux
Et brusquement, il pleure
Il pleure à gros bouillons
Tout entourés qu´ils sont
D´adipeux en sueur
Et de bouffeurs d´espoir (l’extrême subjectivité du narrateur transparait ici, le couple est tellement beau, pur, innocent et « honnête » que les 1998 autres voyageurs sont tous vus comme laids, suintants, grossiers personnages qui ignorent le drame qui se joue devant les yeux du narrateur et vivent comme si de rien n’était. On reste toujours sur du visuel, il faut voir la foule anonyme virevoltante autour du couple malheureux)
Qui les montrent du nez (Si je devais établir un top 100 des plus belles formules poétique que j’ai jam … je l’ai déjà faites celle là ? ha zut, bein pareil alors, c’est une phrase tellement cruelle et forte, là encore le narrateur reproche à la foule son mépris et son irrespect, et va jusqu’à voir les gens « montrer du nez » le couple en souffrance … c’est-à-dire que les gens ont simplement un nez, et que fatalement, la forme d’un nez empêche de faire autre chose que de pointer avec. Brel, presque paranoïaque, vois là de la moquerie et de la déconsidération parce que les gens ont simplement un nez)
Mais ces deux déchirés (ils sont ici déchirés car tiraillés chacun intérieurement dans la souffrance, on verra plus loin que Brel va jouer sur le déchirement avec un autre sens)
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L´exploit de les juger (toujours l’expression de sa rancœur pour la foule à laquelle on abandonne quelques chose, comme on laisse négligemment les restes au chien. On leur abandonne la possibilité de juger, ici qualifié d’exploit car il faut bien peu d’humanité pour se montrer froid face à un couple si beau de désespoir, un petit côté « que celui qui n’a jamais … leur jette la première pierre » )
 
La vie ne fait pas de cadeau
Et nom de Dieu c’est triste
Orly, le dimanche,
Avec ou sans Bécaud! (Bécaud chantait « Dimanche à Orly » quelques années plus tôt
« Je m'en vais l' dimanche à Orly.

Sur l'aéroport, on voit s'envoler
Des avions pour tous les pays.
Pour l'après-midi... J'ai de quoi rêver.
Je me sens des fourmis dans les idées
Quand je rentre chez moi la nuit tombée. »
La chanson de Bécaud est un rêve de voyage alors que celle de Brel se morfond d’un voyage)

 
Et maintenant, ils pleurent
Je veux dire tous les deux
Tout à l´heure c´était lui
Lorsque je disais "il" (Alors ça, à l’écrit c’est foiré, mais relisez le couplet du « Et brusquement, il pleure
Il pleure à gros bouillons », à l’oreille est entend un pluriel qui n’existe pas, il est corrigé ici pour montrer une évolution ( la fille pleure aussi désormais) et nous apprend que tout le début de la chanso sera donc plutôt consacré au garçon ( la fin sera dédiée à la fille) )
Tout encastrés qu´ils sont (encastré sert de superlatif à la notion de simple proximité ou d’emboîtement, cela amène l’impression qu’en plus d’être serrés, ils sont rigidement bloqués dans cette position par des lois mécaniques )
Ils n´entendent plus rien
Que les sanglots de l´autre (On insiste là encore sur l’impression qu’ils sont fantomatiques dans un hall d’aéroport et totalement coupés du reste du mondes, isolés des chiens qui les jugent. Les deux membres de ce couple sont en fusion, ils sont momentanément autistes-siamois, rien ne leur parvient que ce qui vient de l’autre)
Et puis
Et puis infiniment
Comme deux corps qui prient
Infiniment, lentement,
Ces deux corps se séparent
Et en se séparant (6 vers avec de nombreuses répétitions inutiles pour marquer cette impression d’infinie lenteur qui est décrite)
Ces deux corps se déchirent (ils étaient encastrés et soudés, rien de plus normal qu’en se séparant ils se « déchirent »)
Et je vous jure qu´ils crient (s’il doit nous le jurer c’est parce que même avec l’image nous ne les verrions pas crier, ce que nous dit Brel ici, c’est qu’il nous certifie que même s’ils n’en montrent rien, intérieurement ils hurlent de toutes leurs forces)
Et puis, ils se reprennent (deux possibilités ici,  ils se reprennent intérieurement (d’avoir crié intérieurement), même si c’est peu perceptible avec l’image, ou bien ils s’enlacent  à nouveau après leur brève séparation)
Redeviennent un seul (là en revanche on est certain qu’ils s’encastrent à nouveau, au point d’être un seul, cela me fait penser à un morceau de Douglas Adams, mais j’ai vraiment la flemme d’aller vous chercher la citation exacte ^^)
Redeviennent le feu (ce n’est pas au hasard que je parlais de fusion plus haut, lorsqu’ils sont réunis ils sont le feu … c’était ptètre pas une soudure à froid finalement ^^)
Et puis, se redéchirent  (ils se redéchirent car même réunis un bref instant, ils se sont irrémédiablement soudés à nouveau)
Se tiennent par les yeux (ça c’est magnifique également, se tenir par les yeux, parce que dans quelques secondes, quand ils se lâcheront et ne se toucheront plus, le contact visuel sera leur seul lien)
Et puis, en reculant (il s’en va en reculant pour pouvoir encore quelques secondes la tenir par les yeux)
Comme la mer se retire, (là encore, un coup de maitre, vous avez déjà vu la mer se retirer ? non seulement c’est particulièrement lent, mais surtout, cela reflue sans arrêt, la mer recule de 10 cm, et une vaguelette la fait à nouveau avancer de 8 cm, si bien que sur une petite échelle de temps, on est incapable de savoir si on assiste à une marée montante ou à une marée descendante. C’est bien là ce qu’on doit voir dans ce garçon qui se retire sans le vouloir, sans motivation, sans fermeté, il se retire, mais on ne voit pas clairement s’il part  ou s’il revient)
Il consomme l´adieu (notion intéressante, toute la chanson jusqu’ici était cet adieu, en l’interrompant il le consomme)
Il bave quelques mots (vous noterez que là encore, quand on ne parle pas du couple, c’est uniquement de lui qu’on parle)
Agite une vague main (leur incertitude et leur peine dans la foule les rend toujours aussi fantomatiques, et agiter une vague main pour quelqu’un qui bave ses mots et qui se retire comme la mer, ce n’est pas anodin … de même qu’il n’est pas anodin que seul il soit aussi aqueux, humide et marin, tandis qu’en couple ils étaient « le feu »)
Et brusquement, il fuit (pas étonnant que quelqu’un d’aussi liquide finisse par fuir … hum ^^ )
Fuit sans se retourner (Là encore, subjectivité du narrateur qui est sans doute plus lyrique que la réalité, en lisant cela on imagine un jeune homme courant à toute jambe en pleurant des grosses gouttes comme dans un manga, la fuite ici cela ne décrit pas la façon dont il se déplace, mais plus simplement la signification de son départ)
Et puis, il disparaît
Bouffé par l´escalier (on est du point de vue de Brel qui lui n’a pas bougé, et lorsqu’il ne voit plus le garçon il considère qu’il à disparu dans l’escalier. C’en est fini du garçon, le narrateur n’a plus que la fille sous les yeux désormais)
 
La vie ne fait pas de cadeau
Et nom de Dieu c´est triste
Orly, le dimanche,
Avec ou sans Bécaud!
 
Et puis, il disparaît
Bouffé par l´escalier (On répète cela car c’est un peu la conclusion catastrophique de la scène/chanson  à laquelle on assiste, et également ce qui reste en suspens un long moment (tout le temps du refrain) dans l’esprit du narrateur, comme dans celui de la fille)
Et elle, elle reste là (c’est son tour, c’est plus triste car elle est seule désormais, si Brel parle d’elle c’est par dépit, il n’y a plus qu’elle à observer)
Cœur en croix, bouche ouverte
Sans un cri, sans un mot
Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser (c’est un poil tordu, mais ce morceau-là, je l’interprète dynamiquement : si elle a croisé sa mort c’est que sa mort venait dans sa direction, c’est le mouvement inverse (et simultané) de l’homme qui vient de la quitter, à mesure qu’il s’éloignait lentement, la mort se rapprochait. Une autre possibilité c’est qu’elle ait vu sa mort en se retournant vers la sortie (puisque juste après on comprendra qu’elle se déplace) sa mort serait alors le fait de retourner à son quotidien seule)
Voilà qu´elle se retourne (là on comprend donc qu’elle a tourné le dos à son passé et qu’elle avance)
Et se retourne encore
Ses bras vont jusqu´à terre
Ça y est! Elle a mille ans (Les bras, et les milles ans, on imagine Brel en chroniqueur qui interprète par des images poétiques exagérées tous les symptômes de la dame qui a par exemple le dos vouté et la tête basse, et le teint blême et les traits creusés. Le « ça y est ! » à probablement un sens, cela donne l’impression que Brel attendait depuis le début ce stade de décrépitude profond chez celui qui ne part pas)
La porte est refermée
La voilà sans lumière (tout ce couplet sera teinté d’une pointe de misogynie dans la mesure où en filigrane on comprendra qu’une femme sans son compagnon est une coquille vide)
Elle tourne sur elle-même (troisième fois à intervalle irrégulier qu’on nous signale qu’elle se retourne, cela nous montre qu’elle se retourne continuellement, de manière confuse, et qu’elle en vient même  à donner au narrateur l’impression de tourner, soit de tournoyer)
Et déjà elle sait
Qu´elle tournera toujours (On extrapole le fait qu’elle se retourne avec le fait que son existence est désormais désorientée, erratique, elle gardera cet état de confusion. Toutefois elle le sait, elle n’est pas en dehors des réalité, mais elle n’en subit pas moins le coup du sort)
Elle a perdu des hommes
Mais là, elle perd l´amour (donc ses précédents hommes elle ne les aimait pas ? … la salooooope ^^)
L´amour le lui a dit
Revoilà l´inutile (sa vie n’a plus de but, plus d’intérêt, ce qu’elle va entreprendre à partir de ce moment ce sera brasser du vent)
Elle vivra de projets
Qui ne feront qu´attendre (elle vivra pas procuration ou dans son imagination en somme. Sa vie s’est achevée ce jour, d’ailleurs elle vient de croiser sa mort)
La revoilà fragile (sans homme une fille c’est fragile donc)
Avant que d´être à vendre (on parle en termes élégants d’un délai avant que la donzelle ne redevienne disponible sur le marché des célibataires, un peu comme dans le cas d’un veuvage, cela intensifie la violence ce cette séparation. Séparation qu’on considère enfin, comme des indices le laissaient présager, comme une rupture du couple et pas simplement comme une séparation ponctuelle)
 
Je suis là, je la suis (Brel suivait des nanas dans les aéroports pour les faire flipper ouaip, il repérait les nanas qui venaient de se faire jeter même ^^. Notez que c’est la première fois qu’il bouge, et cela nous informe indirectement sur le fait qu’elle se déplace toujours)
Je n´ose rien pour elle ( … mais il était timide)
Que la foule grignote (encore une superbe formule, très visuelle, Brel la regarde s’en aller au milieu de la foule, plus elle s’éloigne et plus des morceaux d’elle ne sont plus visibles, recouvert par les corps des autres gens. Le narrateur est obnubilé par elle et constate que des morceaux d’elle disparaissent petit à petit, comme un grignotage donc)
Comme un quelconque fruit (Vous constatez que si depuis le tout début le narrateur distinguait très nettement le couple de la foule, en cette fin de chanson la fille est rendue  à la foule, elle s'y mèle et est même grignotée par elle, ce couple à détonné pendant quelques minutes sous les yeux brillants de Brel, mais une fois "l'adieu consommé" ils redeviennent des anonymes gras, laids et méprisables, autour de Brel seul dans son aéroport, ou plutôt, pour paraphraser  un autre chanteur qui officiait une décennie plus tôt :
"People are strange when you're a stranger
Faces look ugly when you're alone"


(Vous noterez que la fin est ouverte, pas de conclusion, de morale, de bilan que poserait le narrateur, cela finit en queue de poisson, c'est tout simplement parce que leur deux vies continuent. La véritable mélancolie, le véritable statut de "déchiré" il n'arrivera qu'après toute cette scène d'adieu poignante)


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MessageSujet: Re: Analyse de textes   28/6/2013, 14:49

C'était très intéressant. Je suis content que tu ais fait ce topic.
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   10/7/2013, 21:27

merci, et merci, et derien

t'aurais pas envie de participer par hasard ?


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MessageSujet: Re: Analyse de textes   11/7/2013, 17:56

Je suis incapable de faire ce que tu fais. C'est une des raisons pour lesquelles je t'ai demandé de faire ce topic.
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   11/7/2013, 22:51

bof, c'est pas bien compliqué, trouve toi une chanson que tu connais très bien, dont tu connais bien l'auteur éventuellement, une chanson que tu as l'impression de vraiment bien comprendre à tout les niveaux de lecture s'il y en a, et ensuite pose toi devant le texte et tente de pressurer chaque ligne au maximum, de voir les champs lexicaux, quelques effets de styles, la façon dont sont présentées les choses, le point de vue. Et quand tu as fais tout ça, tu fais le tri entre tes spéculations fumeuses (et peu étayées) et les morceaux d'analyse valables et intéressants.
Tu y ajoutes un supplément d'âme en donnant ton avis au fil de l'analyse, en t'attardant sur ce qui te plait le plus même si cela ne nécessitait pas d'explication, et en parsemant quelques vannes triviales.

tu devrais tenter, c'est un exercice non dénué d'intérêt (même si personne n'apprécie ça à cause de traumatismes scolaires )


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MessageSujet: Re: Analyse de textes   12/7/2013, 07:48

D'abord, il n'y a pas beaucoup de chansons que j'aime bien. Celles que j'aime bien ont soit un texte limpide, soit un texte qui me passe carrément au-dessus du crâne. Je verrai ce que je peux faire, en attendant, ne te prive pas de faire d'autres analyses.
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   13/7/2013, 01:27

tu es étrangement catégorique sur le fait que dans les chansons que tu aimes bien, il n'y a que des chansons que tu ne comprends pas et des chansons limpides ^^"

Un jour en France (Noir Désir)
Donc comme le titre l’indique, la chanson va nous donner des tranches de vie de France



 
Au bistrot comme toujours
Il y a les beaux discours
Au poteau les pourris, les corrompus aussi
Dents blanches et carnassiers (rien de très compliqué ici, cela parle des piliers de bars qui conspuent ce qu’ils estiment être l’oppresseur, les pourris, les « carnassiers » du monde capitaliste on peut supposer, cela parle de « beaux discours » pour sous entendre que ces paroles sont du vent, un prétexte à picoler et pas une véritable occasion de révolte)
Mais à la première occasion
Chacun deviendrait le larron
De la foire au pognon qui se trame ici ( pour rendre cela plus limpide je citerai Coluche « Les pauvres c’est les gentils et les riches c’est les méchants … et tout le monde veut devenir méchant », bref, cela dit que ceux qui crachent sur le système sont aussi opportunistes que les puissants, ils sont simplement frustrés d’être en bas de l’échelle )
Allez danse avec Johnny (Une façon de se moquer des beaufs fans de Johnny Halliday (ce que sont les piliers de bars, sujets de ce couplet) en les invitant à rester bien beaufs et à rester de bonnes victimes consentantes qui se prennent pour des révoltés)
 
Se rappellent de la France (il faut rajouter un sujet « Ils » à ces 2 vers, on parle toujours des Français de base qui aiment Johnny)
Ont des réminiscences (C’était l’bon temps ma bonne dame, et on était pas si mal que ça en 1940 )
De l'ordre, des jeux, de l'essence (L’ordre pourrait faire penser à l’occupation, et les jeux sont à comprendre comme l’expression latine « panem et circenses » soit « du pain et des jeux » qui énoncent les outils du pouvoir pour maintenir le peuple heureux et dominé quelle que soit la politique à l’œuvre )
Quand on vivait mieux (c’était l’bon temps que j’vous dit, globalement je pense que tout ce passage évoque les trentes glorieuses, une période faste, productive, regrettée)
Il y avait Paul et Mickey (Jeu de mot avec le verbe polémiquer, Paul est un prénom français typique, Mickey est une souris géante américaine )
On pouvait discuter (si on peut polémiquer on peut discuter oui, tout cela nous évoque probablement les années 70/80 les périodes où la liberté d’expression était à son climax en France, avec la libération de la femme et un grand nombre de combats sociaux)
mais c'est Mickey
Qui a gagné (Le jeu de mot précédent prend tout son sens ici, y’avait Paul, et Mickey a gagné, Mickey symbolise ici la victoire du bloc de l’est, la domination culturelle américaine de notre siècle, la domination militaire de l’occident, en bref, le nouvel ordre mondial. Mickey est très bien trouvé, c’est pas un symbole merdique pour donner un sens branlant au jeu de mot précédant, car Mickey est tout de même un pur produit américain exporté et connu partout dans le monde, créé par Walter Disney, un fervent et extrémiste patriote américain qui visait réellement l’instruction du patriotisme aux jeunes, qui dénonçait fièrement ses collègues communistes durant le Maccarthisme, et qui louait le fordisme)
D'accord, n'en parlons plus (Le nouvel ordre mondial a instauré un nouveau moralisme, une bien-pensance, et la liberté d’expression n’est plus au beau fixe. Il y a un nouveau pouvoir qu’on n’a plus le droit de remettre en question donc, n’en parlons plus )
 
Un autre jour en France
Des prières pour l'audience (je ne sais pas si cela doit évoquer quelque chose de précis, si ce n’est la montée du pouvoir de la télévision )
Et quelques fascisants autour de 15 % (ça c’est la montée du Front National à chaque élection depuis quelques décennies (qui va avec la diminution du score des communistes d’ailleurs ) qui est mise en parallèle avec celle de la télé du coup )
Charlie défends-moi!!! (Cela n’est pas forcément évident pour tout le monde mais  il s’agit bien entendu de Charlie Hebdo, Cantat demande à Charlie Hebdo de le défendre contre le fascisme, l’inculture et la perte de liberté d’expression, ou peut-être est-ce la France personnifiée qui hurle ça )
C'est le temps des menaces
On a pas le choix pile en face (jeu de mot avec pile ou face, il dit ici qu’on est face au problème, qu’on ne peut pas reculer ou ergoter et qu’il faut s’en occuper )
Et aujourd'hui je jure que rien n'se passe
Toujours un peu plus (un peu vide ces deux vers, on peut comprendre éventuellement qu’il voit de l’immobilisme politique « rien n’se passe »  et qu’il y en a de plus en plus, cela fait un effet de style avec le « toujours plus » de « rien » )
 
F.N Souffrance
Qu'on est bien en France (ironie inside, il n’évoque que ce qui ne va pas, le FN et la souffrance, mais dit que tout va bien)
C'est l'heure de changer la monnaie (cette chanson date de 1996, c’est là un fin jeu de mot qui évoque le passage à l’euro 3 ans plus tard, avec un double sens pour dire qu’il est temps de faire table rase, de rebattre les cartes )
On devra encore imprimer le rêve de l'égalité (là il file sa métaphore du changement de monnaie, car sur les pièces est imprimée la devise de la république, il fait l’état des lieux de l’application concrète de cette devise au sein de la république, et de fait « changer la monnaie » va tout simplement vouloir dire, changer la devise, ou la rendre effective, modifier les valeurs fortes de la république. Il estime donc que l’égalité n’est pas vraiment atteinte et qu’il faudra s’y mettre)
On n'devra jamais supprimer celui de la fraternité (La fraternité est donc une valeur effective et très importante pour lui)
Restent des pointillés...Yeah,Yeah,Yeah!!!! (les pointillés servent à ne même pas évoquer la valeur la plus importante mais la moins effective de la devise, la liberté, qui est dans le contexte politique et social qu’il décrit, menacée et en suspend ( d’où les points de .. suspension et oui )


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MessageSujet: Re: Analyse de textes   27/10/2013, 10:09

tiens, je constate que dans mon empressement, j'ai oublié de souligner que dans la chanson de Brel, les deux finissaient dévorés (par l'anonymat en quelque sorte ) puisque le garçon était "bouffé par l'escalier" tandis que la fille est "grignotée" par la foule


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MessageSujet: Re: Analyse de textes   4/11/2013, 01:05

Bon cette fois on va pas tellement faire dans l'analyse scolaire mais plutôt dans l'explication du texte et la discussion de son thème. On va parler un peu d'Histoire avec une des plus poignante, bouleversante, et poétique chanson sociale qu'il m'ait été donné d'entendre :

Jaurès (Jacques Brel)




(Donc pour ceux qui débarquent complètement, Jean Jaurès, né en 1859 et mort assassiné en juillet 1914 par Raoul Villain, un jeune nationaliste français. Jaurès était un ancien professeur convertit à la politique pour défendre ses convictions socialistes naissantes et son humanisme. Ses convictions en font la figure de proue du pacifisme, à l’orée de la première guerre mondiale qui est pratiquement souhaitée par tous les camps. C’est pour ce pacifisme qu’il est assassiné, son assassin sera libéré tant le pacifisme de Jaurès était mal vu. Un mois plus tôt, c’était l’archiduc d’Autriche Hongrie qui était assassiné par un jeune nationaliste serbe, déclenchant l’inévitable première guerre mondiale.
Jean Jaurès ne sera absolument pas le sujet de la chanson, mais il en sera le point d’articulation.)


Ils étaient usés à quinze ans (ça serait dit plus tard, mais le sujet de ces vers c’est la génération des grand parents de Brel, voire de leur parents, mais par extension ce qui sera dit sera valable pour toutes les générations des prolétaires du début de l’industrialisation. On nous dit donc que cette classe sociale laborieuse et totalement délaissée produit des jeunes gens déjà usés, fatigués, malades)
Ils finissaient en débutant (extension du vers précédent, mais on peut également considérer que cela signifie que lorsqu’on consacre sa vie à l’usine ou à la mine, on n’a pas vraiment de vie, le temps ne s’écoule pas, la même monotonie s’abat sur l’existence)
Les douze mois s´appelaient décembre (Décembre est ici le mois du froid, du mauvais temps, de la vie difficile, de la pluie et surtout de la nuit, toute l’année les prolétaires vivaient dans les pires conditions)
Quelle vie ont eu nos grands-parents (on évoque enfin le sujet, la dure vie de labeur des grands-parents)
Entre l´absinthe et les grand-messes (l’Absinthe à cette époque c’était le spiritueux fort qui rendait fou, les grand-messes cela peut être un jeu de mot cynique avec le mess, le repas, puisqu’il est justement question ici de populations affamées, mais il s’agit bien entendu des grandes cérémonies religieuses qui rythment la vie des pauvres et les incite à baisser la tête et subir calmement leur sort, tel Job, ce passage me fait toujours penser à Rimbaud :

Rimbaud a écrit:
Les pauvres à l’église

[…]
Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire,
Heureux, humiliés comme des chiens battus,
Les Pauvres au bon Dieu, les patrons et le sire,
Tendent leurs oremus risibles et têtus.
[…]
Et tous, bavant la foi mendiante et stupide,
Récitent la complainte infinie à Jésus
Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide,
Loin des maigres mauvais et des méchants pansus

Bref, absinthe et religion, on parle dans ce vers de deux modes d’aliénation du prolétariat)

Ils étaient vieux avant que d´être (à 15 ans on « est » pas vraiment encore, on a tout à découvrir, les pauvres de ce temps n’avaient pas de jeunesse, ils arrivaient à 15 ans puis leur vie s’arrêtaient là, au travail)
Quinze heures par jour le corps en laisse (notez que 15 heures, c’est la durée du jour. Le corps est en laisse, on revient à Rimbaud comparant les pauvres à des chiens battus)
Laissent au visage un teint de cendres (les métiers usants entraînent un vieillissement prématuré, le teint de cendres est une image pour évoquer le visage livide et anémique du travailleur de force exploité, mais c’est une réalité pour certaines industries et les mines qui laissent au visage un teint de charbon ^^)
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître (formule rituelle de l’ouvrier ou de l’esclave soumis, qui n’exprime pas sa peine et s’abaisse devant l’exploiteur)

Pourquoi ont-ils tué Jaurès? (La question ici est de savoir pourquoi des jeunes nationalistes, des pauvres, des jeunes étudiants, des gens pas forcément trop instruits ont hais et provoqué le meurtre de Jaurès qui défendait pourtant leurs intérêts. L’exploitation était contre leur intérêt, l’industrialisation était contre leur intérêt, la guerre plus que tout était contre leur intérêt, comme dans la chanson de Craonne « ceux qu’ont le pognon, ceux là reviendront, car c’est pour eux qu’on crève ». Alors pourquoi ont-ils tués Jaurès ? )
Pourquoi ont-ils tué Jaurès? (En réalité, par le ton et la répétition, cette phrase n’est qu’une question rhétorique, son vrai sens est une lamentation : « si seulement ils n’avaient pas tué Jaurès », ce qui sous-entend que l’avenir politique du pays et de l’Europe s’en serait trouvé bouleversé dans le bon sens, que la condition des basses classes et la façon dont  a émergée la classe moyenne auraient été différentes
)


On ne peut pas dire qu´ils furent esclaves (Brel semble relativiser leur condition …)
De là à dire qu´ils ont vécu (… qui était tout de même déplorable et inhumaine)
Lorsque l´on part aussi vaincu
C´est dur de sortir de l´enclave (ces deux vers résument à la fois la difficulté de la lutte sociale lorsqu’on est pas instruit, pas armé pour se défendre intellectuellement et politiquement, et le principe de la reproduction sociale des élites : on ne sort pas de sa classe sociale)
Et pourtant l´espoir fleurissait (cet espoir c’est le socialisme et le pacifisme de Jaurès entre autres)
Dans les rêves qui montaient aux cieux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu´à la vieillesse (« ramper jusqu’à la vieillesse », c’est un résumé terrible et tristement réaliste de la vie du prolétariat au début de l’ère industrielle, vous pouvez feuilletez ou même lire la Promenade dans Londres de Flora Tristan pour constater ce qu’est la (sur)vie du prolétariat ( en 1840, l’Angleterre s’est hyperindustrialisée avant la France ), Flora Tristan écrit par exemple :
« Le prolétariat anglais, dans quelque profession que ce soit, est une existence tellement atroce, que les nègres qui ont quitté les habitations-sucreries de la Guadeloupe et de la Martinique, pour aller jouir de la liberté anglaise à la Dominique et Sainte-Lucie, reviennent, quand ils le peuvent, auprès de leurs maîtres. »
Ou encore :
« La plupart des ouvriers manquent de vêtements, de lit, de meubles, de feu, d’aliments sains et souvent même de pommes de terre !... — Ils sont enfermés douze à quatorze heures par jour dans des salles basses, où l’on aspire, avec un air vicié, des filandres de coton, de laine, de lin ; des parcelles de cuivre, de plomb, de fer, etc., et passent fréquemment d’une nourriture insuffisante aux excès de la boisson : — aussi tous ces malheureux sont étiolés, rachitiques, souffreteux ; ils ont le corps maigre, affaissé, les membres faibles, le teint pâle, les yeux morts ; on les croirait tous affectés de la poitrine. — Je ne sais s’il faut attribuer à l’irritation d’une fatigue permanente, ou au sombre désespoir auquel leur âme est en proie, l’expression de physionomie pénible à voir qui est presque générale chez tous les ouvriers. — Il est difficile de rencontrer leur point visuel, tous tiennent constamment les yeux baissés et ne vous regardent qu’à la dérobée, en jetant sournoisement un coup d’œil de côté — ce qui donne quelque chose d’hébété, de fauve et d’horriblement méchant à ces figures froides, impassibles et qu’une profonde tristesse enveloppe […]
L’esclavage n’est plus à mes yeux la plus grande des infortunes humaines depuis que je connais le prolétariat anglais»
)

Oui notre bon Maître, oui notre Monsieur

Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?

Si par malheur ils survivaient (Flora Tristan indique que l’espérance de vie de certaines catégories d’ouvriers anglais est de 35 ans … sans blague … On parle de survivre « par malheur », car il est peut-être plus douillet de mourir au travail comme un âne que de trépasser dans la souffrance, l’horreur et la peur des tranchées)
C´était pour partir à la guerre (puisque Brel s’appesantit sur la mort de Jaurès, on peut supposer qu’il ne parle pas de la guerre de 70 mais tout particulièrement de la première guerre mondiale)
C´était pour finir à la guerre (effectivement, s’il s’agit de la première guerre mondiale, c’est le genre de guerre dont on ne revient que peu, pour rappel, un chiffre qui m’a marqué dans ma jeunesse : 6 000 morts par jour en moyenne durant la première guerre mondiale)
Aux ordres de quelque sabreur (le général des armées porte un sabre, et il est ici décrit comme un sabreur de têtes, de son propre camp en réalité)
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu´ils aillent ouvrir au champ d´horreur (jeu de mot avec champ d’honneur, puisqu’il n’y a pas d’honneur la dedans, juste l’horreur de la guerre)
Leurs vingt ans qui n´avaient pu naître (« ouvrir leur vingts ans » pour ne pas dire quelque chose de crade, à savoir, ouvrir leurs crânes et leurs ventres sous les bombes et les baïonnettes. Là encore 20 ans ce n’est pas assez pour dire qu’on a vécu, ces 20 ans n’ont donc pas pu naitre, au sens d’éclore, se métamorphoser comme un papillon)
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui notre bon Maître (on marque encore plus fortement le contraste entre la soumission à l’autorité bourgeoise et ce qu’elle implique, là les gens meurent comme des merdes pour des intérêts qui ne sont pas les leurs mais ils acquiescent encore docilement « oui notre bon maitre »)
Couverts de prèles oui notre Monsieur (Plein de peur, miséreux et couverts de prèles, on insiste bien sur leur mort comme étant pathétique, inutile et grotesque, sans fierté, sans gloire, juste un gâchis de jeunesse)
Demandez-vous belle jeunesse (la fin sera chargée d’optimisme, on revient aux temps présent où Brel trouve la jeunesse belle)
Le temps de l´ombre d´un souvenir
Le temps du souffle d´un soupir

Pourquoi ont-ils tué Jaurès? (Bien que relatant un temps passé, et une situation sociale qui n’est plus la nôtre, l’objectif de cette chanson et de poser la question relativement à  notre époque)
Pourquoi ont-ils tué Jaurès? (la question deviendrait pour nous : sommes-nous toujours les mêmes qui avons tué Jaurès ? avons-nous toujours le même rapport avec la lutte des classes ? quel est notre rapport avec l’humanisme et le socialisme de nos pères idéologues ?)


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MessageSujet: Re: Analyse de textes   5/11/2013, 01:40

Hé oui ! Patriotisme=religion=conditionnement=crime contre l'humanité. Adieu Jean, on se reverra dans un autre univers...
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   5/11/2013, 14:19

Aurl a raison, on ne comprend rien de ce que tu dis.
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   5/11/2013, 14:30

Première fois que je prends le temps de lire une analyse comme celles que tu fais Aurl. Vraiment intéressant Smile

Merci pour ce partage.
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   5/11/2013, 22:31

Unbekannt a écrit:
Aurl a raison, on ne comprend rien de ce que tu dis.
Je développe...

DeProfondis a écrit:
Hé oui ! Patriotisme=religion=conditionnement=crime contre l'humanité.
L'adoration d'une créature imaginaire (au bénéfice du clergé) ou d'un drapeau (au bénéfice des dirigeants) n'est possible que par un conditionnement, généralement subi dès l'enfance. Un individu conditionné est une personne à qui l'on a imposé volontairement un handicape. Quand on fait exprès d'handicaper des millions d'innocents, c'est un crime contre l'humanité.

DeProfondis a écrit:
Adieu Jean, on se reverra dans un autre univers...
Je ne crois pas dans les dieux mais je crois à un nombre infini d'univers. Chaque univers possède un nombre fini d'éléments (le nôtre contient environ 10^80 atomes) Chacun de ces éléments est défini par un nombre fini d'états quantiques (masse, charge, spin, etc.). Ce qui donne un nombre fini de combinaisons possibles. Ce nombre est colossal sur le papier mais négligeable comparé à l'infini. Donc il existera d'autres univers avec des créatures humaines et dans certains de ces univers, il y aura à nouveau un Jean Jaurès (et nous tous, mais rarement ensemble).
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   5/11/2013, 22:38

Merci d'avoir développé.
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   9/11/2013, 23:43

Antxiko a écrit:
Première fois que je prends le temps de lire une analyse comme celles que tu fais Aurl. Vraiment intéressant Smile

Merci pour ce partage.
merci merci ^^ ( sincèrement, comme j'y met beaucoup de temps et de cœur, un compliment me fait grandement plaisir ^^ )

n'hésite pas à en lire d'autres du coup, que ce soit sur ce bref topic, mais selon tes centres d'intérêts il y a également le Topic des BD, le Topic du cinoche ou encore le Topic des cinématiques de jeux qui comportent bon nombre (surtout le cinémassacre) de mes analyses, critiques et autres commentaires sur les sujets des topics.


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MessageSujet: Re: Analyse de textes   10/11/2013, 02:10

je double poste du coup, mais allons-y

Capitaine de Marie-salope (Loic Lantoine)

En l'absence de lien youtube de cette chanson, j'me vois obligé de vous donner le lien MusicMe de l'album ( vous avez simplement à cliquer sur le titre de la chanson normalement, au pire il vous lancera une pub audio avant, ou après) :
http://www.musicme.com/#/Loic-Lantoine/albums/Badaboum-0825646143658.html





(Donc un petit bilan, une Marie-salope c’est un bateau à fond plat qui sert à nettoyer par dragage les dépôts sédimentaires et biologiques qui encombrent les embouchures des ports, de fait un « Capitaine de Marie-salope » est à un « Capitaine de navire marchand ou d’exploration » ce qu’un chauffeur de laveuse de rue est à un chauffeur routier transnational, il appartient à la catégorie la moins glorieuse et la moins dépaysante de sa profession)


Capitaine de Marie-Salope, (Le héros de cette histoire sera toujours nommé par ce titre, on n’aura jamais de nom, de prénom, de surnom, c’est le Capitaine de Marie-salope)
D'un navire qu'est pas un navire, (De fait dans « navire » on entend « navigation », mais la Marie-salope ne brave pas des flots intrépides à l’autre bout du monde, c’est pas vraiment un navire pour le narrateur)
C't'un coup à voir les flots en flop (être capitaine de Marie-salope, c’est risquer de trouver l’eau déprimante, ne plus apprécier la mer )
Capitaine voudrait dire "partir". (Le fait de ne pas lui donner de nom donne ce genre de phrase étrange, notre capitaine voudrait partir)
Oui mais la poubelle reste à l'estuaire, (Le narrateur continue à dénigrer le bateau)
Et le marin rêve de braver le large, (On sait donc que notre capitaine déprime complètement de son statut, il n’est pas satisfait par sa situation)
Pourtant "hisse et ho!" il sait, (jeu de mot « Il sait, HO il sait ! » qui se prononce comme le « hisse et ho !» ( ou « hissez haut ! », selon votre religion) de la marine )
Rien à faire, qu’il restera au port (il sait qu’il restera au port, et il n’y a rien à faire contre ça (je me contente de paraphraser pour que le texte soit plus limpide ^^ ) )
A devenir barje. (jeu de mot, il va devenir  « barje » (ou barge) l’adjectif, et une « barge » le nom, c’est une petite embarcation ^^)
Qu'est ce tu veux en faire d'un pareil navire? (le narrateur dénigre encore le bateau)
Pas de bois, d'épices, (les cargaisons à la fois précieuses et exotiques que transportent les navires marchands au XVIIe ou au XIXe (estimation à la louche de l’époque au cours de laquelle se déroule cette chanson ^^ ) )
Mais d'la vase, des feuilles,
C'est tout ce qu'on débarque, (Le narrateur s’implique dans l’histoire en disant « ce qu’on débarque » peut-être est-il un membre d’équipage, ce qui expliquerait qu’il appelle toujours le personnage principal « capitaine » sans utiliser son prénom)
Cargaison de pire il partira pas (leur cargaison est la pire qui soit)
De ce triste écueil. (jeu de mot maritime là encore, l’écueil désigne au sens figuré un obstacle de vie qui amoche les gens, et cela provient du sens propre qui est les obstacles qui affleurent presque à la surface mettant en péril les bateaux)
Où s'en va sa tête
Marin dérisoire qui veut plus personne? (Le capitaine sans gloire se trouve lui-même « dérisoire », et le narrateur annonce la misanthropie ou la folie du personnage )
Tout seul et amer, et quand à l'amour,
Le plus dur reste à boire,
C'est sa seule idée du néant d'la mer. (Le capitaine n’a jamais connu le grand large malgré son désir, sa seule vision du néant de la mer (je vous renvoie à Baudelaire qui décrit la mer comme un immense vide sous les bateaux dans plusieurs textes, entres autres « Le navire glissant sur les gouffres amers » dans l’Albatros) c’est le néant auto-destructeur dans lequel le plonge l’alcool qu’il boit seul )

Capitaine de Marie-Salope,
En draguant les fonds,
Touchant le fond voit
Marie. Aux nuits interlopes (jeu de mot maritime à nouveau, les nuits interlopes ce sont des nuits un peu inquiétantes et mystérieuses, mais un interlope c’est un navire de contrebandiers )
Emerger de dans ses fanons (Les fanons ce sont ses filets je présume, j’ignore si c’est le vrai nom des filets ou une image ( les fanons ce sont les structures dérivées des dents qui servent de filtre buccal aux baleines pour rappel )) (donc notre capitaine drague les fonds la nuit et repêche une certaine Marie (oui il trouve une fille en draguant, le jeu de mot est probablement volontaire ))
La pauvre Marie sûr qu'il la connaît, (Le capitaine connait bien cette fille et les vers suivant vont nous conter son histoire, probablement triste puisqu’on parle de la « pauvre » Marie)
C'tait pas un exploit de s'enticher d'elle. (Cela signifie que cette fille est très attirante, très belle, et qu’il n’y a rien d’exceptionnel à en tomber amoureux)
Elle avait choisi c'ui qui promettait, (les mecs promettent volontiers ^^ … parfois ça suffit …


Boby Lapointe a écrit:
«[…] Y avait du bonheur à ravir
A une fille' belle à ravir
L'aborde et lui dit : "Bonsoir...
Je suis l'homme le plus riche d'espoir
J'en ai trop, j'en ai bien pour deux
Et de vous je suis amoureux

J'ai l'espoir de toujours vous voir
J'ai l'espoir d'bientôt vous avoir
J'ai l'espoir de mettre à vos pieds
Les richesses du monde entier.
[…]
Elle a dit : "le truc de l'espoir
On m'l'a déjà fait, pas d'histoires
Offre-moi des réalités
Sinon sur moi faut pas compter". […]»

Petit homme qui vit d’espoir
… Parfois ça ne suffit pas, ça dépend des chansons ^^ )

Un gars au long cours qui la trouvait belle.
Son marin Marie, elle l'avait dans la peau, (petite figure de style avec Marin/Marie, il y en a pas mal dans cette chanson)
Fallait la voir fière éclairer la ville! (Donc la demoiselle est tombée amoureuse d’un marin longue distance et était rayonnante, les promesses ont suffi)
Mais il s'est barré, barré son bateau, (jeu de mot, il s’est barré signifie qu’il s’est tiré, barré le bateau cela veut dire le piloter ( à la barre ))
Tâter de la fille dans quelques Antilles. (tous des porcs ! )
Depuis lors la douce était fille de port. (c’est une prostipu-te donc ^^ )
Dans la rue qui glisse au pied du grand large,
En vendant ses nuits, regardant la mort, (sa situation de femme amoureuse trahie en fait une dépressive de premier choix elle aussi, elle regarde la mort)
Qu'elle a rencontré cette nuit d'orage. (cette nuit d’orage où elle s’est jeté à l’eau pour en finir, pour rencontrer la mort, avant que son corps soit repêché par notre capitaine, si vous suivez)

Capitaine de Marie-Salope,
Voit l'amour dans ce corps sans vie. (notre misanthrope fort logiquement, rejetant les vivants, s’entiche d’un cadavre, et toute la suite sera une belle description d’une nécrophilie assez émouvante, totalement platonique mais nécrophilie tout de même)
Un miracle pour ce misanthrope,
La plus belle est venue jusqu'à lui. (on peut même dire qu’il a vraiment pêcho … hum )
Sa tête embrumée aux embruns de Rhum, (on pourrait croire à une redondance car embrumé et embrun ont une même origine mais embrumé se réfère à la brume (dans la tête du capitaine en l’occurrence) et embruns se réfère au liquide (dans le verre de notre capitaine en l'occurrence))
Fait des vagues de larmes qu'on croirait de joie. (c’est un marin alors ses larmes font des vagues ^^ )
Ondine endormie, je serai ton homme, (à nouveau un jeu de mot maritime, ondine c’est un genre de nymphe je crois, une belle jeune fille de l’eau, et cela se réfère  à l’onde à la surface de l’eau)
Je te garderai tout auprès de moi. (notez que dans ces deux derniers vers, c'est le capitaine qui s'exprime)
Soulevant Marie, sous le vent du nord, (encore une belle figure de style soulevant/sous le vent)
La prend dans ses bras et descend dans la cale (il manquerait un sujet dans cette phrase, il s’agit du capitaine bien entendu
D'la Marie-Salope
Son amour, dort, et le tonneau de taf (le taf ici c’est le tafia, l’alcool quoi )
D'une lointaine escale sera son repos. (il dépose donc la morte dans un tonneau d’alcool pour la conserver)
Il la plonge, l'enlace, et puis s'émerveille,
Ses cheveux s'envolent, flottants, (il faut visualiser la jeune femme plongée dans un tonneau et dont les cheveux virevoltent au gré des mouvements d’eau, le capitaine ivre les voit voler comme s’ils n’étaient pas dans un liquide )
Algues vertes, prairie des sargasses, (les cheveux qui flottent lui évoquent des images poétiques, notamment la mer des Sargasses, une mer au milieu de l’océan Atlantique qui n’est bordée par aucune côte et qui à la particularité d’être délimité par des courants qui remplissent la mer des sargasses avec les algues flottantes de l’océan sans que la mer elle-même ne soit soumis à un courant, ni marin ni aérien. Pour les navigateurs de l’époque ( c’est plus pareil de nos jours à cause de la pollution) c’était donc une immense étendue d’algues vertes immobiles (les sargasses ^^) à travers laquelle on ne voyait même pas l’eau, j’ignore si l’expression « prairie des sargasses » existe ailleurs que dans cette chanson, mais je trouve ça très beau)
Voila sa revanche! Une passion folle. (sa revanche sur les gens, la vie, le monde, c’est de tomber fou amoureux de cette fille délaissée)

Capitaine de Marie-Salope,
Et sa belle morte à peau d'ivoire (elle est morte dans la froideur des eaux nocturnes, pas étonnant qu’elle soit pâle)
Se retrouvent quand le Rhum s'écope, (écoper ça veut dire vider un bateau qui à pris l’eau à l’aide d’une écope (un récipient à cet usage) et notre capitaine boit tellement qu’il « écope » le tonneau de Rhum)
Tous les soirs il s'en vient la boire.(c’est le tonneau dans lequel elle repose qu’il boit ^^)
Et là de longues heures parle à son amour, (il boit son tonneau pendant qu’elle boit ses paroles, vous noterez donc que c’est un amour platonique et intellectuel ^^ )
De ce que toujours il l'avait voulue,
De son triste sort, marin au p'tit cours, (c’est une formule qui n’existe pas mais qui sert ici de pendant au statut de Capitaine au long cours qui définit les capitaines de bateaux effectuant des grands trajets sur le globe à l’époque)
De la seule mort, celle quand on s'aime plus.
Pourtant, que peut faire la plus belle des mortes
Pour changer la vie sans vie du marin? (s’il est si proche d’elle, c’est parce que lui aussi se trouve sans vie)
Lui s'en doutait bien, et des lisses fortes (les lisses sont des pièces de bateau en bois qui soudent et unifient la coque, je vous avoue que je ne comprends pas ce passage)
Seuls le réconfortent le tafia et...rien. (je laisse le pluriel à seuls et réconfortent car je pars du principe qu’au début de la phrase, on suppose qu’il y aura au moins deux choses, mais finalement la belle ne le réconforte pas, il donne plus d’importance à la picole)
Il vide le tonneau, Marie, déconfite (comme c’est tout ce qui le réconforte, il boit tout le tonneau, laissant exposé son amour aux outrages de l’air. Il y a un double sens avec déconfite, au sens figuré ce serait la demoiselle qui serait choquée de ne pas compter plus que ça pour le marin, ou blême de se voir exposée à l’air en son état de cadavre, mais là c’est tout simplement le sens propre, on la sort de son alcool conservateur et la voila déconfite (même si la confiserie se fait en réalité en imprégnant le produit de sucre pour utiliser son hygroscopie à des fins de conservation mais je chipote ^^ ))
S'en va pour de bon et le capitaine (on peut imaginer qu’après quelques jours dans une cale humide de bateau, le corps n’a vite plus rien d’humain, sans rentrer dans des détails répugnants, on dit simplement qu’elle « s’en va »)
Fracassé délire, l'amour prend la fuite (jeu de mot avec le « Capitaine fracasse » de Théophile Gautier, « L’amour prend la fuite » en ce sens que le tonneau se vide, une fuite donc )
Et sa tête aussi en buvant sa peine, (comme annoncé plus tôt par le narrateur, le capitaine perd la tête en même temps que l’amour et arrose tout cela à l’alcool)

Capitaine de Marie-Salope
Voit partir celle qu'il aima fort.
Son navire quitte le bord et hop!
Il s'éloigne, loin du sémaphore. (Le sémaphore est un bâtiment de communication et de surveillance maritime, s’en éloigner revient  à partir loin des côtes, au large, notre capitaine délirant, ivre et fou de chagrin décide donc enfin de prendre la mer à bord de son « navire qu’est pas un navire »)

J’vais pas vraiment faire de conclusion, j’adore cette chanson j’trouve le texte superbe, excellemment écrit et l’histoire bouleversante et fascinante tout ça tout ça, mais surtout comme je n’ai pas eu l’occasion de le caser dans l’explication de texte, je me permet de mettre cette œuvre en relation avec l’excellente histoire du Black Freighter.  Une histoire en BD d’Alan Moore (un de mes rares dieux) qui est en fait interne à la BD The Watchmen, et qui doit être accessible dans une version dessin-animée réalisée pour intégrer le Black Freighter à la version longue du film ( le film des watchmen donc ^^ ). Comme cette chanson, c’est une histoire poétique et assez sordide qui mêle habilement le désespoir d’un marin, l’amour, et l’omniprésence du morbide et de la mort, de manière frontale et désagréablement charnelle.
Je vous le conseille vivement, c’est bref, et y’a quelques grands moments de poésie qui m’ont marqué dans la version de la BD.
(j’voulais encore vous parler de Une Charogne de Baudelaire, mais j’ai déjà casé Baudelaire plus haut et ça impliquerai une extension analytique conséquente à ce texte déjà fort long, donc fuck off )


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Dernière édition par Aurl le douteux le 18/11/2013, 04:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   10/11/2013, 23:25

C'est tellement émouvant Smile

Je sais pas quoi dire, sinon... Continue ! Wink
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   18/2/2014, 09:51

merci

mais je constate qu'ici non plus je ne lance pas de vocations ^^"


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Gonbidatua
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   20/2/2014, 00:26

les dons ne sont pas autant partagés que ceux qui en sont pourvus le souhaiteraient. du coup ces personnes se sentent souvent bien seules, et ça peut même devenir un sacré fardeau pour elles.
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   20/2/2014, 03:13

je ne suis pas certain de comprendre ce que ça vient faire là, mais c'est joli ^^


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Gonbidatua
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   20/2/2014, 21:28

ça veut dire que si tu te sens seul c'est pas forcément dû à un manque de volonté.
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   21/2/2014, 18:36

j'avais pigé le sous entendu
mais tu parles de "don" ...

je fais des analyses de textes comme au lycée .. et c'est probablement niveau lycée d'ailleurs ^^"

suffit juste de s'y mettre et de laisser mûrir son texte, c'est pas un talent particulier ^^


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Gonbidatua
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   22/2/2014, 09:23

Je peux te dire qu'au lycée ou même après j'étais loin de faire des textes ou même juste des analyses comme tu le fais. Et pourtant j'étais pas non plus le dernier de la classe...
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MessageSujet: Re: Analyse de textes   4/3/2014, 10:28

avoir le droit de choisir des textes que tu apprécies, ça change tout, ça te donne même une envie intime de produire une analyse de qualité, pour te prouver à toi même que tu as de bonnes raisons d'apprécier intuitivement ce texte



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